Programme de Gestion Intégrée des Risques Climatiques en Afrique – Cadre de Gestion Environnementale et Sociale (CGES)

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10 février 2021

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RÉSUMÉ

Dans la région du Sahel, la production et la productivité agricoles sont limitées par de fréquentes catastrophes naturelles, notamment des inondations, des sécheresses, des maladies, des pluies intenses, des incendies de forêt et des épidémies acridiennes, entre autres. Les projections des températures dans la région du Sahel et à travers la Grande Muraille Verte (GMV) des CMIP3 GCMs (scénarios d’émission SRES A2 et A1B) et CMIP5 (scénarios RCP4.5 et RCP8.5) augmenteront d’ici 2100, avec des températures moyennes s’élevant entre 3 et 6 ° C au-dessus de la ligne de base de la fin du XXe siècle (+ 3 ° C dans les zones côtières en Mauritanie, au Sénégal et en Gambie et + 4 ° C dans le Sahel continental au Mali, au Tchad, au Burkina Faso et au Niger) (Changement climatique Profil du Sahel ouest-africain, USAID, 2018). Alors qu’onze pays de la GMV ont collectivement restauré environ 3,6 millions d’hectares de terres dans les zones d’intervention de la GMV (Secrétariat GMV, 2020), près de 20 millions d’hectares doivent encore être restaurés et gérés de manière durable à l’aide d’instruments financiers innovants et mixtes tels que l’assurance avec des mesures d’adaptation et d’atténuation pour atteindre les objectifs des pays (prévus) en matière de Contributions Déterminées au niveau National (CDN) d’ici 2030. La productivité agricole est également entravée par l’extraction et la gestion non durable des ressources naturelles des écosystèmes (forêts et terres) par les ménages ruraux, ce qui réduit la production agricole à mesure que le changement climatique progresse. En effet, le couvert forestier a été réduit de 37% en Afrique de l’Ouest entre 1975 et 2013 (Profil du changement climatique Sahel Ouest-Africain, USAID, 2018).

Les écosystèmes sahéliens sont déjà affectés par le changement climatique, et les impacts futurs devraient être substantiels, en particulier dans le secteur agricole et forestier, et sur l’utilisation des terres. La région fait face à sa quatrième urgence majeure liée à la sécheresse en moins de dix ans. Des pays comme le Burkina Faso ont été confrontés à quatre sécheresses graves entre 2000 et 2017 et entre 1983 et 2017, le Tchad, le Mali et le Niger ont été confrontés respectivement à dix, quatorze et sept sécheresses sévères (Profils de risque pays, ARC, 2020). Ces sécheresses ont entraîné une baisse de la productivité des cultures de 10% à 25% au cours des dernières décennies dans les pays respectifs (Aghrymet, 2018). Une augmentation de la température est également susceptible de favoriser la concurrence sur les ressources en eau, au détriment des cultures de la région. Par exemple, le lac Tchad, le plus grand lac du Sahel, a diminué de 95% depuis les années 1960, avec des estimations attribuant 50% de la diminution à une utilisation accrue de l’eau (par exemple, de la croissance démographique et des projets d’irrigation non durables) et 50% à l’évolution précipitations et augmentation des températures (Profil du changement climatique Sahel Ouest-Africain, USAID, 2018).

La résilience limitée des sept pays face aux chocs climatiques se traduit par une augmentation de leur vulnérabilité à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire, à l’inégalité entre les sexes, aux conflits et à l’instabilité politique. Parmi les pays du Sahel d’Afrique de l’Ouest, trois (Burkina Faso, Tchad et Niger) se classent dans les cinq derniers pays de l’Indice de développement humain (IDH) mondial, un (Mali) en bas de 10%  et deux (Mauritanie) en bas de 20%. En Afrique, quatre des pays du Sahel occidental (Tchad, Mali, Mauritanie et Niger) sont dans les 10 derniers (sur 52) pays africains de l’Indice d’Egalité des Genres en Afrique (IEGA), seuls le Burkina Faso et le Nigéria se classant parmi les 50% supérieurs. La situation nutritionnelle est très critique, avec près de 15,5 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère pendant la période de soudure 2020 (juin-août 2020) selon la dernière analyse du «Cadre harmonisé» au Sahel et en Afrique de l’Ouest (novembre 2019). Les petits agriculteurs et les ménages pauvres sont particulièrement vulnérables étant donné leur dépendance aux ressources naturelles pour leur subsistance. Dans ce cadre, les femmes et les jeunes sont touchés de manière disproportionnée, ce qui est un problème à grande échelle, étant donné que la région est également l’une des plus jeunes du monde, avec 64,5% des jeunes de 25 ans et moins (UNFP, 2018).

Pour relever ces défis, risques et vulnérabilité posés par le changement climatique dans les petites exploitations agricoles de manière plus globale et intégrée, le FIDA, en partenariat avec la Banque Africaine de Développement et le Programme Alimentaire Mondial, propose le «Programme de financement des risques climatiques en Afrique : Renforcer la résilience des les petits agriculteurs aux impacts du changement climatique en Afrique ». L’objectif du programme est de renforcer et d’intensifier la résilience et la capacité d’adaptation au changement climatique pour 817,922 petits exploitants et communautés rurales directs dans sept Pays les Moins Avancés (PMA) sahéliens de la GMV, à savoir : Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie , Niger, Sénégal et Gambie. Pour atteindre cet objectif, le programme cherche à mettre en œuvre des activités de gestion des risques climatiques et des infrastructures connexes dans des endroits spécifiques au sein de certaines collectivités locales et communautés qui ne sont pas encore connues. Par conséquent, conformément à la ligne directrice du GCF, ce programme nécessite le développement d’un Cadre de Gestion Environnementale et Sociale (CGES), qui décrit comment le programme à travers les entités accréditées et d’exécution et les principales parties prenantes gérera les risques et impacts environnementaux et sociaux lorsque les informations complètes ne sont pas disponibles. Le processus d’engagement des parties prenantes dans le cadre du programme a été résumé dans la section 6 du présent CGES. L’engagement des parties prenantes s’appuie sur le travail existant effectué par les autorités locales et les partenaires et a en outre établi des liens avec des représentants de groupes de parties prenantes, y compris des femmes, facilité la collecte de données et identifié les préoccupations et opportunités.

Le programme conduira à la mise en œuvre de sous-projets spécifiques, comme décrit dans les produits 1 et 2, par exemple :

  • Installation de stations météorologiques automatiques et de pluviomètres,
  • Modernisation / réhabilitation des stations hydrologiques existantes dans les sept pays ;
  • Construction d’une infrastructure de collecte des eaux pluviales sur sept couloirs de transhumance ;
  • Installation d’Ecoles de Champ Agro-pastorales / Paysannes (ECA / P) et de pépinières pour la sélection de variétés adaptées au climat (par exemple, tolérantes à la chaleur, à la submersion, à la sécheresse et à la salinité, résistantes aux parasites) et
  • Construction et réhabilitation de points d’eau (réservoirs, étangs, puits, forages) pour l’agriculture et pour couvrir les voies de transhumance
  • L’installation de mini-réseaux avec des centrales solaires photovoltaïques pour alimenter les chaînes de valeur agricoles et d’élevage et améliorer l’accès à l’énergie des ménages.. 

Le programme intégrera l’assurance comme faisant partie des intrants pour les petites exploitations agricoles, en particulier dans les zones sujettes aux risques climatiques, grâce au renforcement des capacités ciblant les autorités gouvernementales, les organes de réglementation et de contrôle ; l’industrie de l’assurance, principalement les prestataires commerciaux nationaux tels que CNAAS mais aussi les compagnies d’assurance internationales telles que Allianz, AXA, SUNU, NSIA. Les résultats devront :

  • améliorer la capacité des parties prenantes gouvernementales à soutenir les communautés et les petits agriculteurs dans la préparation efficace de l’adaptation au changement climatique (Composante 1 : Préparation aux risques climatiques) ;
  • aider les petits agriculteurs et les communautés à s’adapter au changement climatique en adoptant des activités résilientes au changement climatique et des chaînes de valeur (composante 2 : mesures et options de réduction des risques climatiques (adaptation et atténuation) ; et
  • promouvoir la création de schémas de transfert de risques intégrés où les polices micro, méso et macro sont interdépendantes (Composante 3 : Transfert des risques climatiques (mécanisme de transfert des risques micro et souverains).

Les impacts négatifs potentiels de ces interventions comprennent la dégradation des terres et des sols due à une mauvaise préparation des terres, ce qui réduirait les services de soutien des sols et des éléments nutritifs de l’environnement. L’utilisation non durable des produits agrochimiques pendant les processus de production devrait également contribuer à la contamination des ressources en eau et en sol, à la désertification et à l’érosion des sols ainsi qu’aux mouvements des dunes. Une mauvaise gestion des ravageurs dans le riz, le maïs, la volaille et d’autres animaux d’élevage ainsi que l’aquaculture peut créer des nuisances dans l’environnement. La construction / réhabilitation, les activités d’irrigation et de drainage à petite échelle ainsi que l’aquaculture (en particulier dans les fermes d’État) dans les zones humides et marécageuses peuvent conduire à des suppressions de forêts et de zones humides. On s’attend à un impact modéré de l’augmentation des précipitations, de la mauvaise gestion des terres et des régimes d’inondations réguliers, qui peuvent conduire à la dégradation des terres agricoles et au lessivage des étangs à poissons et affecter tous les segments de la chaîne de valeur, y compris la commercialisation. En outre, les feux de brousse dus à une préparation non durable des terres («coupées et brulées») présentent toujours un risque avec des impacts importants.

Le programme intégrera les préoccupations environnementales, climatiques et sociales en tant qu’élément intrinsèque de la gestion du cycle de programme régional afin de prévenir et d’atténuer tout dommage causé à l’environnement et aux personnes conformément aux politiques et principes du FIDA, aux Procédures d’Evaluation Sociale, Environnementale et Climatique du FIDA (PESEC), ainsi que les normes et procédures décrites dans ce rapport du CGES. Ce CGES précisera comment les sous-projets encore non identifiés dont les emplacements spécifiques sont actuellement inconnus, seront systématiquement examinés pour les impacts environnementaux et sociaux, quels seront les critères de sélection des sites et quelles mesures d’atténuation appropriées devraient être mises en œuvre. Des experts de chacun des sept pays participants d’agences environnementales fourniront des conseils techniques et guideront la mise en œuvre des sous-projets pour faire face aux impacts négatifs potentiels sur l’environnement, le cas échéant, et les communautés locales.

Les risques techniques potentiels liés au développement du secteur de l’assurance seront atténués par un processus de diligence raisonnable approfondi mené par les experts techniques et financiers de la BAD, du FIDA, du PAM et de l’ARC, et en garantissant des systèmes d’ingénierie, de passation des marchés et de gouvernance solides. Le risque lié à l’opération du programme sera atténué par un processus de diligence raisonnable approfondi dirigé par des experts techniques et financiers du FIDA et par la mise en place d’un solide système de suivi et d’évaluation. En ce qui concerne les accords d’assistance technique et les procédures de passation des marchés établis à chaque niveau d’EE, ils contribueront à soutenir une prestation de haute qualité. En outre, les accords entre les gouvernements bénéficiaires et leurs agences météoroligiques respectives et les autres ministères sectoriels concernés doivent garantir une meilleure gestion des infrastructures pendant et au-delà du cycle de vie du projet. Le mécanisme de réclamation du FIDA sera utilisé pour signaler les plaintes ou allégations d’actes répréhensibles dans le cadre des projets ou activités (programme de dénonciation). La description du mécanisme de réclamation du FIDA est présentée dans le CGES. Le programme établira un processus d’engagement des parties prenantes (voir l’annexe 7) et fournira un accès à l’information sur une base régulière. Ce CGES comprendra également la procédure de réclamation du FIDA pour garantir que des mécanismes appropriés sont en place pour permettre aux individus et aux communautés de contacter directement le FIDA et de déposer une plainte s’ils estiment qu’ils sont ou pourraient être affectés par un projet / programme financé par le FIDA qui se conformer aux politiques sociales et environnementales du FIDA et aux aspects obligatoires du PESEC. Les plaintes doivent concerner uniquement les questions environnementales, sociales et climatiques et ne doivent pas être des accusations d’activités frauduleuses ou corrompues liées à la mise en œuvre du programme ; ceux-ci sont traités par le Bureau de l’audit et du contrôle du FIDA.

La préparation des sauvegardes sera entièrement divulguée au public dans la Politique du FIDA en matière de divulgation des documents (2010), qui comprend des notes d’information sur les projets en cours d’élaboration pour présentation au Conseil, les accords de prêts et de dons approuvés et les documents de conception des projets / programmes. Ce CGES sera donc traduit dans la langue (français) parlée dans les 6 pays attendus en Gambie, et publié sur le site officiel du FIDA (http ://www.ifad.org). En outre, le CGES sera publié sur le site Web officiel des ministères, le site Web du FIDA, afin que toutes les parties prenantes puissent accéder au document. Le projet est également conforme à la politique de divulgation des informations du GCF ainsi qu’aux exigences de la politique environnementale et sociale du GCF sur la divulgation des sous-projets. Dans le cadre de la «Politique globale de divulgation des informations du Fonds» du FVC, ce cadre serait classé en fonction du profil de risque anticipé des sous-projets individuels qui nécessiteraient des évaluations spécifiques au site conformément à l’approche du FIDA. Ainsi, les projets de catégorie A seront exclus du financement du FVC de sorte que ce cadre sera globalement considéré pour les projets de catégorie B uniquement.

Ce programme FVC complétera les investissements de base globaux du FIDA, de la BAD et de l’ARC dans les pays sélectionnés. Les contributions actuelles du FIDA sous forme de dons s’élèvent à 30 315 millions d’USD, de la BAD (23 millions d’USD), de l’ARC (7,239 millions d’USD). Le financement total du programme est de 143,4 millions de dollars US, y compris une demande de financement du FVC de 82,85 millions de dollars US. Le programme sera développé sous la supervision et la coordination du FIDA par le biais de l’Unité de Coordination Régionale (UCR), chargée de la gestion de ce programme. En tant qu’Entité d’Exécution (EE), le Département des finances agricoles et rurales de la BAD, à travers le programme ADRIFI, sera responsable de la coordination globale et de l’assistance technique pour la composante sur le transfert des risques climatiques dans les sept pays en coordination avec la Capacité africaine de gestion des risques ( Produit 3.2.de la composante 3). Il coordonnera également avec les pays la mise en œuvre des activités au titre du produit 1.1. de la composante 1 sur la préparation aux risques. L’agence ARC agira également en tant qu’EE et sera responsable de la mise en œuvre des activités du Produit 1.1.7 et des activités du Produit 1.1 (Composante 1) et de toutes les activités du Produit 3.2 (Composante 3) et le PAM, également EE, sera responsable de la mise en œuvre du produit 3.1 (composante 3). Dans leur rôle d’EE, les sept pays sélectionnés seront les bénéficiaires des fonds de la subvention, les achemineront vers les entités nationales compétentes et prendront des décisions sur l’utilisation de la subvention du FVC pour mettre en œuvre les activités (1.1.1 et 1.1.2) au titre du produit. 1.1. (Composant 1).

Vous pouvez lire ou telecharger le document en intégralité en cliquant sur ce lien:

http://fier-mali.org/wp-content/uploads/2021/02/ESS-0002IFAD-GCF-AICRFP-ESMF-FRENCH-1.pdf

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